outil_sculpture
 
 
 
 
 
outil_barbele
retour accueil
outil_jumelle
Retour page précédente

MOQUET Guy - Témoignage pour Les arrestations


Témoignage de Guy MOQUET à propos de l’arrestation de son père Prosper MOQUET.


Depuis le 06 octobre 1939, 35 députés communistes sont incarcérés à la prison de la Santé à Paris. Le 7 février 1940, ils sont déférés devant le 3ème tribunal militaire de Paris ainsi que 9 autres députés réfugiés dans la clandestinité.

3 députés détenus sont de grands mutilés de la guerre 14-18 : Pierre DADOT (1 jambe coupée), Félix BRUN (amputé des deux jambes) Jean DUCLOS (blessé de la face). Tous trois ont la Croix de Guerre, la Médaille militaire, la Légion d’Honneur.

Etienne FAJON, député mobilisé, arrive en tenue militaire devant le tribunal.

Le 3 avril 1940, 36 députés sont condamnés chacun à 5 ans de prison, dont 9 par contumace. 5 autres, dont les grands mutilés sont condamnés avec sursis. Mais ils sont arrêtés à la sortie du tribunal et internés dans un camp de concentration (L’Ile d’Yeu).
Les autres condamnés seront déportés en Algérie.

En novembre 1939, Guy MOQUET est fou de rage après l’arrestation de son père. Il s’engage définitivement aux côtés des Jeunesses Communistes (il a 15 ans) du 17ème arrondissement de Paris. Il envoie une lettre à Edouard HERRIOT :

« Monsieur le Président (...)
Je suis l’un des enfants d’un de ces députés
Qui sont tous en prison aujourd’hui enfermés.
Je suis jeune Français, et j’aime ma patrie,
J’ai un cœur de Français, qui demande et supplie

Qu’on lui rende son père, lui qui a combattu
Pour notre belle France avec tant de vertu.
Je veux dépeindre ici, la cruelle misère
Celle d’un cœur d’enfant qui est privé d’un père.

Et que ça soit bientôt la fin de leur misère.
J’espère que vous saurez comprendre ce chagrin.

Et que la liberté, pour eux, luira enfin.
J’agis avec mon cœur, que j’appelle français,
Agissez en bon père, agissez en Français (...) »

La lettre demeura sans réponse. Mais Guy ne cessera jamais d’écrire à ce père (Prosper MOQUET) qui lui manque et qu’il veut rassurer. On sait que Guy sera arrêté et fusillé le 22 octobre 1941 au camp de Châteaubriant.


 
 
Retour haut de page - Accueil - Plan - Contact - Webmaster - Liens - Infos Légales