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COMBES Françis



Poèmes écrits pour la cérémonie d’octobre 1989-Anniversaire des fusillades de Châteaubriant

Il s’appelait Timbaud, « Tintin » pour les copains
(jamais il n’eut rêvé de finir en héros)
C’était un métallo, un titi parisien,
Homme rond, pipe au bec et toujours le bon mot
Et sur la tête une casquette de prolo.
Il était de ceux qui toujours se lèvent tôt.

Il s’appelait Timbaud « Tintin » pour les copains
(jamais il n’eut rêvé de finir en héros)
Il fut l’un des vingt-sept de Châteaubriant
Fusillés par les nazis, dans une sablière.
Vingt-sept, un éclat bleu de ciel entre les dents
Vingt-sept, morts en chantant, qui tombant se levèrent
Et firent se lever de nouveaux combattants


Comme chaque année en ce haut lieu
de la mémoire,
nous voici revenus.
Châteaubriant, carrière des fusillés.
Lieu-dit de la Sablière.

C’est ici le lieu qu’ils choisirent,
les assassins et leurs valets
pour accomplir le crime
l’assassinat prémédité.

Ils sont venus en secret
dans cette ancienne sablière
planter trois fois trois poteaux
les neuf arbres de la mort
au bord des ronces des genêts.

Ils comptaient sur l’oubli
sur la banalité de ce lieu à l’écart
sur l’indifférence et le mutisme de la nature.

Le lendemain les arbres de la mort fleurirent
Des mains fidèles des mains complices
des mains de haine et de douleur
au pied des poteaux de la fusillade
avaient posé bouquets et gerbes de couleur
Et désormais la carrière fut interdite

Châteaubriant carrière des fusillés
L’ennemi déjà sentait venir son impuissance
Souvenir souvenir redeviens la lumière
La mémoire a vaincu les ronces de l’oubli
Lumière de ces yeux ici qui se fermèrent
Clairière je te nomme il faut bien te nommer
Clairière du futur flamme de liberté.


 
 
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