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DEVAUX Fernand - Témoignage pour Aincourt


C’est le 5 octobre 1940 qu’arrivent les premiers internés : 300 militants communistes très connus pour la plupart.


Le camp d’Aincourt, situé près de Mantes (ancienne Seine et Oise) était à l’origine un sanatorium. A la fin de la drôle de guerre, lorsque les troupes nazies déferlent sur la France, Aincourt se trouve rapidement en zone de conflits. Les malades sont transférés en d’autres lieux.

Effectif du camp

Ouvert le 5 octobre 1940, on compte 600 internés en janvier 1941, 667 en mai 1941 (le sanatorium était prévu pour 150 malades).
D’octobre 1940 à décembre 1941, ce sont 1176 internés qui sont passés par Aincourt, dont environ :
- 490 du département de la Seine
- 606 du département de Seine et Oise
- 49 du département de Seine et Marne
- 12 du département du Finistère

Le camp des hommes ferme en mai 1942 et les femmes arrivent en mai 1942 venant du camp de Châteaubriant.
Le camp fermera définitivement le 15 septembre 1942. On peut considérer qu’environ 1500 hommes et femmes ont été internés dans le camp d’Aincourt.

Aincourt, camp de répression

Le commissaire ANDREY, directeur du camp, va s’efforcer, avec l’aide d’anciens communistes, tels GITON et CAPRON, de sélectionner les « meneurs » et de les transférer vers d’autres lieux (Châteaubriant, Rouillé, Voves, Compiègne, prisons centrales) .
Parmi eux :
- 9 seront fusillés à Châteaubriant le 22 octobre 1941, puis 9 à Rouillé en avril 1942 et d’ autres à Compiègne
- Des centaines seront déportés à Auschwitz, Buchenwald, Sachsenhausen, etc ...
- D’autres s’évaderont de Châteaubriant, de Voves, de Rouillé, de Compiègne.

Transferts

- 4 décembre 1940 : 100 internés sont dirigés sur la centrale de Fontevrault, puis centrale de Clairvaux, puis camp de Châteaubriant.
- 7 avril 1941 : 54 internés partent pour la centrale de Poissy, puis le camp de Châteaubriant.
- 5 juin 1941 : 31 internés sont dirigés sur les prisons de Gaillon et Rambouillet.
- 6 septembre 1941 : 150 internés partent pour Rouillé.
- 6 septembre 1942 : 26 internés sont dirigés sur Compiègne.
- Avril 1942 : Les hommes qui restent vont au camp de Voves.

Conclusion

La date d’ouverture du camp d’Aincourt, le choix des internés et internées (communistes) leur nombre important, la discipline sévère imposée, sa fonction de centre de triage avec établissement de dossiers et de listes à la disposition de l’occupant, font de ce camp une pièce importante dans le dispositif de répression contre la Résistance, établi par Vichy, en étroite collaboration avec les nazis.

Conditions de vie à Aincourt

Le 10 octobre 1940, le préfet de Seine et Oise fait afficher le règlement du camp d’Aincourt :
- pas de visites, sauf dérogation
- pas de journaux et livres
- punitions inspirées de celles des prisons
- vie quotidienne rythmée par le sifflet et la mise en rang

Les premières visites n’ont lieu qu’à Noël 1940 et en juin 1941 pour les internés de la Seine, soit après 8 mois de détention pour certains.

Les témoignages d’anciens internés d’Aincourt transférés à Châteaubriant, Rouillé, Voves, Compiègne font apparaître des différences de vies appréciables (plus grande liberté de circuler , journaux, livres, quelques visites, voire contact avec l’habitant).

Le préfet de Seine-et-Oise est mécontent de cette situation et intervient le 26 mai 1941 auprès de son collègue de Loire inférieure (pour le camp de Châteaubriant) : « Je suis persuadé que même dans votre département un régime relativement sévère ne pourrait avoir que des conséquences salutaires pour l’ordre public. Et c’est la raison pour laquelle je vous serais reconnaissant de ce que vous croiriez faire pour vous associer à mon point de vue ».

Pour Compiègne, il n’hésite pas à s’adresser au conseiller supérieur d’administration de guerre à Saint-Cloud :
« Encore qu’il ne m’appartienne pas d’apprécier les motifs [...] le régime de Compiègne semble nettement moins sévère que celui d’Aincourt. »

Fernand Devaux indique qu’il a mentionné dans son témoignage les chiffres et déclarations du préfet de Seine et Oise venant de l’étude de Nadia Tenine sur le camp d’Aincourt.

A la suite d’une demande qu’il avait faite auprès du centre régional d’études historiques et documentaires de l’Ouest Parisien, à Mantes-la-Jolie, Fernand Devaux a reçu une réponse du directeur, relative à la création du camp d’Aincourt.

« La décision d’ouverture, le fonctionnement du centre d’internement administratif d’Aincourt n’ont relevé d’une quelconque autorité municipale locale ou mantaise.

La création d’Aincourt relève des décrets de septembre 39 sur l’internement des « particuliers dangereux pour l’ordre public » dits décrets Daladier qui se sont appliqués aux membres des organisations politiques considérées comme suspectes ainsi qu’aux réfugiés politiques des pays en guerre avec la France notamment, et en particulier aux membres du PCF et aux allemands réfugiés opposants à Hitler.

L’évacuation des malades du sanatorium départemental d’Aincourt n’est en aucune façon liée à l’installation du centre. C’est sa situation dans une zone de conflits qui avait entraîné le transfert des malades en d’autres lieux. Celui-ci s’est fait progressivement dès la fin de la « drôle de guerre » [1] .


[1Courrier de M. BRESSON, le 3 janvier 1944


 
 
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