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FUMOLEAU Jean - Témoignage pour Rouillé



Témoignage de Jean FUMOLEAU interné à Rouillé, à Voves et déporté....

« Sœur CHERRER, religieuse lorraine, réfugiée à Lusignan, dans le département de la Vienne, venait chaque semaine, le vendredi au camp de Rouillé. Seuls les internés de droit commun venaient la voir.

La direction clandestine des internés politiques, des militants du parti communiste français, certains arrêtés depuis octobre 1940, me demanda, en tant que responsable de ce que l’on appelait le groupe artistique, de prendre contact avec elle.

C’est ainsi que chaque semaine nous nous rencontrions dans une petite salle de l’infirmerie.

Un jour le commandant du camp vint dans la pièce, il se mit à dire des propos injurieux aux internés politiques. Sœur Cherrer lui coupa la parole en ces termes « ça suffit commandant, j’ai appris à connaître les communistes et à les respecter ».

En 1943, nous avions décidé de nous rassembler au milieu du camp, afin de rendre hommage à nos camarades fusillés deux ans avant, à Châteaubriant, ainsi qu’à nos camarades, fusillés à Poitiers.

Sœur Cherrer s’est jointe à nous pour observer la minute de silence.

A l’occasion de mon 21ème anniversaire, tenant à me manifester son amitié, elle demanda à ce que les camarades du groupe artistique soient rassemblés dans une baraque. Elle avait apporté avec son chauffeur des grands pots de thé et des gâteaux quatre-quarts qu’elle avait cuisinés avec les sœurs de sa communauté.

Elle m’offrit une petite boîte en carton, genre boîte à chaussures, enveloppée dans un papier gris et entourée d’un long ruban bleu, blanc, rouge.

Puis elle me remit une médaille de la Sainte Vierge avec la chaîne en me demandant de la garder en souvenir d’elle.

Nous nous sommes embrassés et pour la première fois je l’ai appelée « ma sœur » ;

Cette médaille m’a été prise par les SS lors de ma déportation.

Quand nous avons été, une centaine environ, au camp de Voves en vue de notre déportation elle a remis, lors du passage à la porte du train, un sac en papier contenant des provisions pour le voyage. Elle avait collecté ces denrées chez les habitants de Rouillé. Sœur CHERRER, une patriote de grand courage et de grand cœur. »


 
 
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