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CROTTI Henri - Témoignage pour Voves

Témoignages des évadés de Voves par un tunnel dans la nuit du 5 au 6 mai 1944

Témoignage d’Henri CROTTI (Le 42ème avec mission de fermer le trou, étant parti le dernier)

L’évasion « souterraine » du camp de Voves 1944 (de janvier à mai 44)

Dans la nuit du 5 au 6 mai 1944, entre minuit et quatre heures du matin, 42 détenus politiques, tous communistes, s’évadaient du camp de Voves par un boyau d’environ 0,80 m de haut sur 0,70 m de large et 148 m de long. Ils étaient répartis en 7 groupes qui avaient chacun sa planque.

Chaque évadé avait reçu une fausse carte d’identité et avait donné une adresse où le parti le récupérer pour lui indiquer son poste dans l’insurrection nationale qui se préparait.

Il me faudrait beaucoup plus de place pour parler du côté technique de l’opération, de l’outillage, de l’électrification, du boisage, de l’évacuation de la terre, du service de surveillance et aussi de la souffrance physique des camarades qui avaient travaillé trois mois durant, sur les coudes, sur les genoux crevassés et ensanglantés, de l’ingéniosité mise en œuvre pour régler des problèmes qui ne manquèrent pas de surgir au fur et à mesure de l’avancement : souterrain inondé après de gros orages, rencontre d’une grosse roche qui bloquait le tunnel, tressage de plus de 300 m de corde pour tirer les chariots, creusage de niches pour faire passer les chariots etc. Il faudrait aussi parler des conditions de l’évasion elle-même puis la recherche des planques dans la nuit la boussole et le plan à la main, le contournement des villages pour éviter les aboiements des chiens, de l’arrivée au but après des heures de marche et après que l’alerte fut donnée pour certains. Il faudrait rendre hommage aux patriotes qui nous reçurent à leur domicile quand, au bout de trois jours, les recherches cessèrent, ils nous donnent le gîte et le couvert et aussi une douche chaude !

Tout cela au péril de leur vie ! Sans oublier les camarades du camp lesquels n’étant pas de l’évasion avaient remis en place et nettoyé le matériel des douches et refermé la fausse goulotte masquant l’entrée du tunnel ; parmi eux mon copain de popote Marcel BOUTON, mort à Bergen-Belsen. Une tentative avait été faite pour masquer la sortie dans l’espoir que le souterrain puisse servir une autre fois. Hélas, une partie de l’orifice de sortie s’était effondrée sous le poids des 42 paires de bras et de genoux.

Pour tout cela, il faudrait un livre et pourquoi pas un film ? L’évasion réussit à 100%. Les 42 patriotes arrivèrent sans encombre à leurs planques. Ils participèrent tous aux combats de la libération à des postes responsables, 12 d’entre eux y trouvèrent la mort. Le camp fut vidé 3 jours après l’évasion. Ce n’en fut pas la conséquence en effet, l’évacuation totale étant déjà prévue, il y aurait eu 42 déportés en plus.

A ma connaissance, cette évasion des 42 fut une des plus belles de France ; elle n’a pas été médiatisée comme elle aurait dû l’être. »


 
 
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