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MIGDAL André pour Voves

Témoignage d’André Migdal interné au camp de Voves en novembre 1943.

« II convient de souligner que durant l’existence du camp de Voves, de multiples activités, que les internés appelaient « l’Université », s’organisèrent. Il s’agissait de se cultiver dans toutes les matières possibles et cet enseignement était dispensé par les internés eux-mêmes.

Aucun diplôme ne fut jamais décerné par cette « Université » mais tous ceux qui participèrent aux diverses disciplines furent tous lauréats d’humanisme, de civisme et de patriotisme.

C’est sans doute à Voves qu’il nous a été donné d’apprendre à aimer notre voisin, acquit prémonitoire pour affronter la nuit polaire de la déportation, comme ailleurs dans les combats de la liberté, de la tolérance et de la paix.

D’autres activités furent également enseignées, notamment les préparations militaires de combats, déguisées sous formes de compétitions sportives.

Au camp de Voves, régna une solidarité exemplaire où chaque baraque s’appelait famille, tout ce qui constituait vivres et biens substantiels étaient partagés par la communauté. Nous ne pouvons ignorer aussi le chapitre du domaine artistique et culturel, à savoir le théâtre, l’orchestre symphonique, toutes les expositions qui ont pu se produire, les ateliers, les cours de médecine, les sports, etc. (L’harmonium prêté par Monsieur le Curé de Voves et divers instruments par l’Harmonie municipale).

Toutes ces diverses activités pourraient laisser croire à un semblant de vie facile alors qu’il n’en était rien. La répression exercée par la direction aux ordres de Vichy s’appliquait dans tous les compartiments. (Le Préfet LE BAUBE qui, à la Libération, a été condamné à mort pour haute trahison et collaboration, a été gracié par Edgar FAURE). Tous les critères de ségrégation étaient aux normes de ce temps, par exemple, les individus classés irrécupérables, étrangers, juifs, meneurs, dangereux et ceux éventuellement pouvant être « récupérés ».

Face à cette situation de structures administratives répressives exercées à l’encontre des détenus en général, les internés avaient formé eux-mêmes des structures politiques et militaires pour parer à toute éventualité.

C’est ainsi que des responsables furent désignés. Nous aimerions pouvoir les citer tous. Voici seulement quelques uns d’entre eux : Albert CARN, René SENTUC, Louis NAMY, RELAUT et ROQUET. Il y avait un chef de baraque responsable en liaison avec cette direction.

Personnellement, j’étais à la baraque 28 alors que j’ignore toujours le nombre exact de baraques. »


 
 
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