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Pithiviers



Le camp de Pithiviers et celui de l’Ile de Ré

Le camp de Pithiviers fut ouvert en mai 1941. Ce fut d’abord des étrangers, juifs pour la plupart, arrêtés dans la région parisienne, qui furent les premiers internés. Il y avait parmi eux quelques droit commun trafiquants pour la plupart.

En 1942, tous les juifs furent déportés à Auschwitz. D’autres internés prirent leur place, ils venaient principalement du Nord et ils étaient en majorité politiques et résistants.

Le 18 novembre 1943, 713 internés arrivent du camp de Voves. Ils trouvèrent un camp désorganisé sans discipline, sans direction politique. Le premier travail fut donc de remédier à tout cela.

Une grosse partie des internés déjà sur place étaient des résistants du Nord et du Pas-de-Calais (en majorité des mineurs).

En février 1944, un convoi de 500 internés (dont une centaine de jeunes) partit en direction de la Citadelle de Saint Martin de Ré. Ils passèrent une nuit au camp de La Rochelle-Lalleu, qui était un camp de concentration pour travailler à La Pallice, une des bases de sous-marins allemands. Les internés allaient être obligés, comme des bagnards, de travailler pour l’organisation Todt, à construire le Mur de l’Atlantique.

Certains demeurèrent à la Pallice dans un camp, les autres, plus nombreux, furent transférés à l’Ile de Ré. Ils furent utilisés pendant un temps sur les chantiers du Mur de l’Atlantique pour construire des Blockhaus.

En juin, au lendemain du débarquement du 6 juin 1944, tous les prisonniers furent regroupés à la forteresse de Saint-Martin de Ré. C’était les anciens bâtiments du bagne, car c’était de là que partaient les bagnards qui étaient déportés à Cayenne en Guyane.

Directement sous la coupe des SS et de l’armée allemande , les conditions de détention furent très dures. Peu de nourriture et discipline draconienne.

Après le débarquement du 6 juin 1944, les Allemands s’étaient retranchés dans la poche de la Rochelle afin de conserver la base sous-marine. Cette partie du territoire ne fut libérée qu’en mai 1945 au moment de la capitulation allemande. Les communications avec nos familles étaient interrompues.

Les 23 et 25 juillet 1944, les prisonniers furent regroupés à la Rochelle en vue de leur déportation en Allemagne.

Grâce à l’activité des FFI [1] et des FTPF [2] de cette région, les voies de communication avaient été coupées et les nazis ne purent former le convoi. Les internés retournèrent donc à l’Ile de Ré et ils ne furent libérés qu’en décembre 1944 sur un échange de prisonniers.


Lire le témoignage de Philippe Bouchon, interné à Pithiviers en novembre 1943.


Sur le transfert des internés de Voves à Pithiviers (lettre officielle)  :

Il est mentionné à la main : « Voves le 19 novembre 1943 » L’inspecteur principal de police Signé illisible- avec cachet CSS - Police nationale.

19/11/43 : Voves (lettre à entête du ministère de l’Intérieur : direction générale de la police nationale- Etat français). L’inspecteur principal de police Gay Isidore du camp de Voves à M. le commissaire principal des RG à Chartres.

Fait parvenir la liste nominative des 713 internés transférés le 18/11/43 sur le camp de Pithiviers, tenant compte d’avis de mutation n° 118.

Sur le nombre de 713, 703 sont présents au départ. Les 10 absents (2 à l’hôpital de Chartres, 3 à la prison de Chartres, 3 à celles de Quimper, 2 à celle de Saint Quentin) sont rayés des contrôles de Voves.

24/11/43 : Le directeur du camp signale : effectif total : 713 - transférés 703- détachés 10 dont Granjean- Cherreau : hôpital de Chartres.
Bernard - Delattre - Lagny : maison d’arrêt de Chartres.
Cluet - Larnicol ? : maison d’arrêt de Saint Quentin.
Bourhis - Lastenet- Richard ? : maison d’arrêt de Quimper.

1/12/43 : Le préfet d’Eure et Loire au préfet du Loiret
Lui signale que Legrain Louis, Chambonnet Emile, Blamont Bernard, Lorre Ulysse qui doivent être dirigés sur l’Allemagne au titre des opérations de relève ont été transférés à Pithiviers le 18/11/43.

01/03/44 : le préfet d’Eure et Loire à M. le préfet régional d’Eure et Loire.
Transmet une lettre du chef de gare de Voves relative au transfert des internés de Voves à Pithiviers le 18/11/43.
Les crédits qui lui sont alloués pour les transferts ne permettent pas de régler un transfert aussi important par train spécial.

Réponse le 05/04/44 : ce sont les chefs de camps qui sont habilités à délivrer les bons de transports aux chefs de gare. Le règlement est assuré par les services administratifs de l’intendance de police sur les crédits mis à disposition du préfet régional- intendance de police.
(Circulaire n° 579 Pol 3 du 23/10/42.)

21/04/44 : Châteaudun. Le contrôleur d’exploitation du la SNCF au préfet d’Eure et Loire rappelle qu’il souhaiterait obtenir satisfaction.


Lire le témoignage de Georges Abbachi, interné l’Île de Ré en février 1944.



[1FFI : Forces Françaises de l’Intérieur

[2FTP (ou FTPF) : Francs Tireurs Partisans Français



Carte de Pithiviers

Mise à jour du 30/05/2006


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