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POULMARC’H Claude - Témoignage pour Châteaubriant


Témoignage de Claude Poulmarc’h (fils de fusillé)


Jean Poulmarc’h avait 30 ans lorsqu’il fut arrêté le 5 octobre 1940. Il était secrétaire du syndicat CGT des industries chimiques. Son activité militante son dévouement avaient fait de lui un responsable connu et respecté. D’abord interné à Aincourt puis emprisonné à Fontevrault et Clairvaux il arrive au camp de Choisel à Châteaubriant le 15 mai 1941. Son fils Claude était alors tout jeune. Il se souvient pourtant de ce père qu’il a trop peu connu (puisque fusillé parmi les 50 otages) et de cette période dramatique pour lui pour sa mère et pour toute sa famille :

« Je suis le fils de Jean Poulmarc’h et je venais d’avoir 6 ans lorsque mon père a été fusillé à Châteaubriant. Des souvenirs de lui j’en ai peu ! Seules quelques images un peu floues me restent. Je me souviens de son arrestation en octobre 1940. Des gendarmes français sont venus frapper à la porte de notre logement HLM à Ivry-sur-Seine. Ma mère a ouvert la porte et j’ai vu mon père partir calmement avec eux après nous avoir embrassés. Pourtant il aurait eu la possibilité de s’échapper par le balcon du voisin. Mais non et ma mère me l’a dit plus tard il ne sentait pas encore la menace d’une arrestation et comme pour beaucoup d’autres militants les dispositions pour « trouver une planque » afin de continuer le combat contre l’occupant n’avaient pas encore été prises.

Et puis ce dernier souvenir d’une visite de ma mère à la prison centrale de Clairvaux. Je ne savais pas alors que je voyais mon papa pour la dernière fois ! Clairvaux c’était vraiment une centrale et j’ai été frappé de voir mon père ainsi que ses camarades habillés comme des bagnards avec des sabots et les cheveux coupés à ras. Cette image m’est restée gravée à jamais !

Après l’arrestation de mon père mes grands-parents qui habitaient à Vernouillet près de Dreux ont demandé à ma mère de ne pas rester seule et de venir habiter avec eux. On a été bien accueillis. Moi j’allais à l’école de Vernouillet et la vie continuait ... Tous les matins mon grand-père partait faire les courses il ramenait le pain et le journal...

(Ce journal par lequel on apprendra plus tard l’exécution de mon père et de ses camarades) »

Source : « 50 otages - Mémoire sensible » - Etienne GASCHE - Editions « Petit Véhicule - Nantes »


 
 
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